samedi 15 décembre 2012

289 - Etoiles







vendredi 14 décembre 2012
Ciel amati; épair glaucomateux de la feuille nuageuse - lourde - qui ce matin s'étend sur les choses. Comme un silence dans la ville, un silence où couleurs et contrastes s'engloutissent - pourtant les voitures vont et revont dans la marée des rues, et les moteurs font le bruit qu'ils doivent faire - mais c'est un silence de la lumière, mais ce n'est pas un silence du son. J'attends le bus qui vient.
Des milliers de fois déjà j'ai écrit ces mots qui précèdent. Ce jour usé jusqu'à la corde par l'hiver rêche, et cette lumière de mort qui soulève les linceuls que nous sommes: et nos souvenirs prennent corps, le passé en foule déambule sur les allées blafardes. Charles, André, Mathilde, Maria, Pépé des Bessous, ma mère et ses yeux immenses d'eau de lac de montagne, et puis tant d'autres 
- combien de morts depuis les hommes?-
Pourquoi ne suis-je pur oubli?
Je me tourne vers la copie vierge du ciel et derrière l'azuréen poignant et derrière les étoiles.






Combien d'étoiles pour forger un profil d'homme?





Dispute à la table de cantine: 
- Quand il y a les éducateurs, les enfants sont gentils. Quand ils ne sont plus là, il sont méchants, dit A. 
- On en reparlera, je réponds. 
Je ne sais pas quoi dire. La méchanceté c'est quoi? La gentillesse c'est quoi? Je ne sais pas moi. Pourtant l'enfant attend que je réponde. Mais je ne sais pas quoi dire.  
- On en reparlera, je répète. 
Je regarde les étoiles tristes dans ces yeux d'enfant, dans ces yeux exigeants. J'y vois la cosmogonie limpide après laquelle nous courons tous avec les mots. La recueillir à même ses prunelles paraîtrait si simple.











Jeudi 12 juin 2008
Regarde l'homme
ce seuil 
cette enseigne
porter l'étendard béant
qui le brûle
qui le consume







A la verticale des jours









La lunette d'approche

4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Le même jour que les enfants de Newtown.

Julien Boutonnier a dit…

Un hasard... heureux malheureux

Dominique Hasselmann a dit…

On est pris dans le maelström de l'actualité... comme des fétus de paille, ou ces roues végétales qui traversent les rues dans certains films américains.

Il faut garder la tête relevée.

Julien Boutonnier a dit…

On est pris oui... à nous de ménager une faille dans ce maelström où loger l'expression de nos singularités les plus revêches, les plus âpres, les plus belles:nos visages.