27
:
/ °
.
ce matin je me suis assis parmi les instants qui se succèdent et portent tous un nom différent que nous ignorons. depuis la margelle j’ai regardé le territoire harmonieux, jonché de limites et d’espoirs. un peu d’oiseau passe dans l’air, quelques signes sans importance. tu interviens et dans tes bras ouverts c’est une inquiétude, voire une terreur. cela pourrait prendre la forme d’une question : cela pourrait subsister dans l’empan de nos mains. quand reste sous le rêve une fosse commune vide encore. mais l’espace a délaissé la mort de chacun au profit d’une activité que nous peinons encore à nommer. quoi qu’il en soit, je me tiens sur le front d’un songe, dans l’expérience d’une déportation incessante. et mon identité brisée, mon identité à claire-voie laisse passer la lumière du jour.
|
…
‘ .
tu construis ce pont qui est un pli où se condensent les thèmes qui te définissent. et dès lors les fins sont comme des moyens en vue de la présence : cette énigme d’une pulsion arraisonnée par un mot et puis l’autre. je ne sais pas si aimer, travailler, créer, prendront ce jour les formes adéquates à une transmission digne de ce nom. je gravis les épitaphes, je gravis les monticules que personne encore n’a intitulés. la cause est simple. un mouvement se fait jour. il a pour origine chaque instant de la durée. la frontière a enfin délaissé la mélancolie du territoire. elle est ce corps joyeux qui participe.
:
/ __
\ .
avril n’est pas un temps
il est cette contraction
du précipice :
quand la profondeur n’est que
surface :
où forer reste longer le sens
LIVRE-AVRIL - 27 - FIN? - AVRIL 2015
1 commentaire:
beauté du non-dit
Enregistrer un commentaire